Son sort dans mes mains

Je parle rarement de mes élèves de façon particulière et là encore je ne m’étendrai pas trop dans les détails mais pour la 3ème année, j’ai dans ma classe un élève en grande difficulté.

3ème année car je l’ai maintenu cette année en Grande Section. C’est un acte que l’on fait peu, donnant souvent la chance aux élèves de finir de murir en CP.

Mais là ce n’était pas possible de le laisser aller en élémentaire et encore aujourd’hui en janvier, son niveau est bien plus bas que nombre de mes… MS !

Ce n’est pas tous les ans qu’on rencontre des enfants comme lui. On a parfois des enfants qu’on détecte rapidement en situation de handicap et pour qui il n’y a pas de doutes ou sinon des élèves qu’il faut sans cesse tirer mais qui avancent petit à petit.

Mais lui je ne sais pas où le caser !

Je commence à appréhender l’ESS que nous allons faire bientôt. Une ESS est un réunion avec les différents partenaires : parents, enseignants, psychologue scolaire, médecin scolaire et aides extérieures (CMPP, psychologue, etc).

Nous allons devoir décider si cet enfant part en CP (avec des aménagements) ou s’il part en CLIS (Classe d’inclusion scolaire où il serait dans un groupe de 12 enfants de différents âges et sera intégré par moments en CP).

J’ai peur, très peur de me tromper car nous devons décider d’ici début mars de son futur sort de septembre sachant que d’ici là il aura encore mûri peut-être ou eu quelques déclics…

Je sais que le CP sera quasiment impossible : il ne dénombre des collections que jusqu’à 2…, ne mémorise pas de mots.

Mais je sais que partir en CLIS sera angoissant pour lui qui a ses repères avec ses camarades depuis 3 ans.

On s’attache à nos élèves.

Décider de son sort… quelle responsabilité…

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20 commentaires

  1. Ragnagna dit :

    Ah oui déjà… C’est tôt pour être en difficulté :s Et c’est pour tout ou il est plus éveillé sur certaines choses ? Il a encore beaucoup d’année scolaire obligatoire à faire le pauvre…
    Tu n’es pas seule à porter la responsabilité, en première ligne ce sont les parents :)

    • sun4 dit :

      Ses parents sont supers et font ce qu’ils peuvent aussi. Il parle super bien et est est dégourdi sur le plan moteur.
      Si tu savais tous ses enfants qui démarrent la vie avec déjà plein de difficultés…

  2. Béatrice dit :

    Oui, c’est difficile ces situations …
    Plein de bonnes ondes !

  3. Cathy dit :

    Dur, dur, effectivement ……

  4. madamezazaofmars dit :

    Ton article m’a beaucoup émue…

  5. nansou dit :

    BOn courage alors, ce n’est pas facile en effet de prendre ce type de décisions.. mais tu ne le fais pas à la légère, c’est le plus important.
    Je suppose que ce petit a déjà passé des bilans… ne peut-on pas mettre un diagnostique sur ses soucis d’apprentissage ?

  6. Ragnagna dit :

    S’il est bien entouré avec ses parents, il part avec un bon atout dans la vie :) Et il a la chance d’avoir une maitresse qui a à coeur son avenir.

  7. Cathnounourse dit :

    Ce n’est jamais une enseignante seule qui décide de l’avenir d’un élève mais une équipe éducative qui s’appuie sur des faits et des bilans effectués auparavant…
    Un élève CLIS dépend de la MDPH : le handicap est officialisé mais il y a un long chemin avant…

    • sun4 dit :

      Le handicap même s’il n’est pas nommé explicitement a déjà été décrété dans le cadre du maintien. Oui je sais que les autres partenaires vont m’aider mais c’est avec moi qu’il passe le plus de temps.

  8. Mylise dit :

    Bonjour,
    Quel cas de conscience !!!!
    Je ne pensais pas qu’une enseignante pouvait se retrouver seule à gérer un tel problème…
    A mon avis, il faut se reposer surtout sur les parents. S’ils sont responsables, je pense que c’est avant tout
    à eux que revient la décision et de tout faire pour aider leur enfant à s’en sortir (même si handicap, il y a, l’enfant peut évoluer, je parle en connaissance de cause). En aucun cas, les enseignants ne doivent se substituer à eux surtout
    quand il s’agit comme toi de quelqu’un qui s’investit autant dans son boulot et à qui ça pose un cas de conscience, ce qui est bien la preuve que, si tu es une enseignante irréprochable, bien formée et compétente, tu n’as pas la distance nécessaire pour prendre les bonnes décisions face à des élèves difficiles. Il faut laisser faire les spécialistes plus aptes à gérer cela, psy et compagnie ! Et encore, même eux ne sont pas infaillibles…
    Bon courage et j’espère que tu trouveras vite le soutien nécessaire.

    • sun4 dit :

      Tout d’abord Mylise quel plaisir de te retrouver !!!! :) :)
      Ne t’inquiète pas je ne suis pas seule pour décider, mais mon avis va être important. Pour les parents, c’est leur aîné, ils ont peu de recul donc nous font confiance.On s’en occupe d’ici 10 jours…
      Et doucement avec les compliments quand même !! ;)
      Bises

  9. vallisa dit :

    Rien n’est prévu pour les enfants différents, différents cela ne veut pas dire handicapés.
    C’est très difficile pour les parents qui sont obligés de se battre en permanence. Ce n’est pas facile, pour vous, les instits non plus.

  10. Le Journal de Chrys dit :

    La clis est parfois bien plus « douce » à vivre pour un enfant en grande difficulté que l’enseignement ordinaire qui peut s’avérer brutal!
    De plus tu as prolongé la maternelle d’un an…

    • sun4 dit :

      Nous avons finalement opté pour un CP avec AVS… mais c’est plus pour une habituation à l’élémentaire et la sécurité d’être encore avec ses camarades. On reparlera de la CLIS dans un an.

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