La didacture des appréciations

La didacture des appréciations dans humeur mauhrddz

J’en avais entendu parler par des mamans dont les enfants sont allés au collège avant le notre, mais je n’en avais pas encore réalisé le poids… De quoi je parle ? de cette nouveauté (je ne sais pas de quand ça date mais moi je n’avais pas ça sur mes bulletins au collège) de mettre FELICITATIONS, ENCOURAGEMENTS,  MISE EN GARDE DE TRAVAIL, MISE EN GARDE DE COMPORTEMENT , avec les appréciations finales des bulletins trimestriels.

Pour rappel, PetitTonnerre est entré en 6ème cette année. Au premier trimestre, j’ai assisté au premier conseil de classe en tant que déléguée de parents d’élèves.

J’ai découvert un monde plutôt différent de celui de l’école élémentaire dans lequel je baigne chaque jour.

Au delà de discuter du cas de chaque élève, de ses points forts et faibles (discussions passionnantes d’ailleurs, PetitTonnerre ayant, je crois, la chance d’avoir la plupart de ses profs très investis et intéressés par leurs élèves et leur travail), il y a quelque chose qui ressortait fortement à chaque fois, c’est « Alors qu’est-ce qu’on lui met ?!’ .

Bien sûr, il y a la petite phrase d’appréciation, résumant les propositions de chaque prof et plutôt précise d’ailleurs, mais surtout il y a le MOT fatidique qui ponctue l’appréciation : FELICITATIONS, ENCOURAGEMENTS,  MISE EN GARDE DE TRAVAIL, MISE EN GARDE DE COMPORTEMENT.

Le proviseur tenait absolument à chaque fois à bien entendre ce qui était décidé.

Alors bien sûr, il y a des termes qui se justifient sans problèmes :

un élève qui n’était pas forcément parti pour bien s’en sortir et qui a travaillé d’arrache-pied mérite les félicitations ; de même que celle qui fait tout ce qu’elle peut même si ça reste encore moyen mérite les encouragements. Quand aux mises en garde, il semble que ceux qui en ont récoltées sont vraiment ceux qui ne sont absolument pas motivés et pose problèmes sans cesse, de toutes parts.

Mais…

Il y a ceux qui n’ont RIEN !

Là évidemment je vais parler de notre cas personnel. PetitTonnerre a eu 15,5 de moyenne au 1er comme au 2ème trimestre.

Au 1er trimestre, tout le monde s’est entendu pour dire qu’il travaillait bien mais bavardait trop et s’imposait un peu trop souvent. On lui a bien signifié qu »il « ratait les félicitations » à cause de ça. Reconnaissant bien là mon fils, j’ai pu concevoir cette décision et nous l’avons incité à faire vraiment des efforts.

Ce qu’il a fait… mais il l’a fait beaucoup dans certaines matières et moins en maths et allemand…

Pour ce 2ème trimestre, la majorité de ses profs voulaient donc lui mettre » Félicitations » mais pas la prof de maths qui estime qu’il peut encore faire des efforts.

Et là…

Je me suis demandée s’il allait y arriver. Il est revenu pendant un trimestre, joyeux et enthousiaste, content des relations avec les profs et finalement j’ai peur qu’il ait un peu le sentiment qu’on a pas bien jugé ses efforts.

Car si je suis bien évidemment d’accord avec le fait qu’il doit absolument améliorer son comportement (je vous en ai déjà parlé souvent), je me dit que la fille douce et travailleuse de nature aura ses félicitations sans efforts alors que lui tout aussi travailleur et intéressé par l’école, ne les aura jamais car son caractère n’est pas en adéquation avec les règles de la classe.

Du coup, je m’interroge sur le bien fondé de ces appréciations. Autant les phrases formulées par le proviseur dans le bilan sont claires et nettes sur le fait qu’il bosse bien mais doit cesser les bavardages, autant ce vide ensuite est lourd…

Les recevoir donne des ailes. Des parents gonflant le torse « il/ elle a eu les félicitations »

Ne pas les recevoir donne un coup de massue « encore râté ».

Quand on nous demande « alors ça se passe bien le collège?  » nous répondons « oui » , parce que c’est vrai ! mais au fond de moi je me dis « il n’a pas de félicitations« . ça m’a d’autant plus agacée que j’en ai voulu à PetitTonnerre de ne pas avoir rempli le contrat demandé alors que son bulletin est néanmoins bourré de bonnes remarques positives…

Est-ce que quelqu’un sait depuis quand ça a été mis en place ? Pourquoi est-ce si important pour le proviseur ? Et vous en tant que parents comment le vivez-vous ou comment pensez-vous que le vivrez bientôt ?

encouragement24 dans les papooses

 

 


18 commentaires

  1. vallisa dit :

    ça existait de mon temps (ah la vieille quand j’écris ça !!), mais c’était un lycée privé. Au collège (public) il n’y avait pas.
    C’est vrai que c’est un peu bizarre, Lilly a toujours eu les félicitations au collège comme au lycée, mais en tant que déléguée n’est pas toujours d’accord avec ces appréciations parfois attribuées à tort et à travers au bon vouloir des professeurs.
    Quand à Petit Tonnerre, je suppose qu’il ne perturbe pas la classe et n’est pas insolent, puisqu’il fait des efforts pour se contrôler, pourquoi ne pas le récompenser en lui donnant les félicitations ?
    Nous on est très remontés contre le lycée de Lilly, on a tellement de choses à dire, que je ne sais même pas par où commencer.

    • sun4 dit :

      Voilà. PetitTonnerre restera une forte personnalité et je me plait à croire (il faut savoir positiver ;) ) que ça lui servira dans es études et son futur métier. Moi qui étais si timide…
      Et oui j’ai peur qu’il se dise qu’il ne fera jamais mieux… comme tu dis, il n’est pas insolent,impoli, provocateur… non juste un peu vif…

  2. Béatrice dit :

    Les miens, quand ils avaient une appréciation c’était « avertissement travail » en général …
    Grand Mec N°2 avait bossé le premier trimestre de sa 3e, il pensait avoir les encouragements, une prof a fait un « caca nerveux » pendant le conseil de classe, c’est pas passé … et du coup, il n’a plus rien foutu, a foiré les deux autres trimestres … J’ai du faire le forcing pour qu’il passe en seconde …
    Depuis, le collège a abandonné ces appréciations (heureusement …)
    Je déteste ces « années collège » … ;-)
    (pas eu le temps de commenter avant, mais j’avais lu, hein … ;-) )

    • sun4 dit :

      Tu vois j’ai trouvé très intéressant de les entendre débattre mais c’est vrai que du coup sur le bulletin, ça ne ressort pas évidemment. ça peut être très cassant du coup de le découvrir sans svaoir que de sprofs avaient été pour plus de positif.
      Bon courage avec tes garçons.
      et merci d’avoir donné ton avis :)

  3. oth67 dit :

    Pas encore vécu avec mes enfants, affaire à suivre !
    J’ai une une fois les félicitations et une fois les encouragements en 6ème et puis c’est tout ! De vagues souvenirs pas forcement positifs mais pour d’autres raisons !

    • sun4 dit :

      C’est vrai que sans doute, je me focalise dessus alors que dans quelques années on aura déjà oublié les bulletins de 6ème… Pour moi aussi, les années collège ne sont pas les meilleurs souvenirs…

  4. Ragnagna dit :

    J’ai eu une fois les félicitations en 6e, ça avait beaucoup fait plaisir à mes parents mais il fallait avoir plus de 14 de moyenne pour ça et moi j’ai toujours été moyenne donc ça n’a pas fonctionné derrière. Par contre j’étais abonnée aux encouragements comme j’étais sage et sérieuse, mais ça m’encouragé pas du tout.
    Chaque carnet était donné individuellement et je me vois encore dans ces couloirs allant le chercher toute timide terrorisée.
    Je m’en fichais vraiment, je voulais juste être tranquille bref :P

    Je te copie un extrait d’un article de Rue89 sur l’école dans lequel je m’étais retrouvée :
    Quel rôle joue l’école dans la fabrication de la mélancolie française ?

    Avec les données dont je dispose aujourd’hui, je n’ai pas pu identifier les facteurs qui façonnent cette mentalité. On manque de données sur le bien-être des enfants. Je partage les conclusions des frères d’Iribarne, qui ont écrit qu’il y avait une contradiction dans le système français entre élitisme et égalitarisme. On dit à tout le monde : il y a égalité des chances.

    Mais on a un système super élitiste et unidimensionnel. On demande aux gens d’appartenir aux 5% des meilleurs (mais par définition, tout le monde ne peut pas y être), on les classe, et on considère que seuls le français, les maths et l’histoire comptent. On se fiche complètement qu’ils excellent en sport, en peinture, en musique, en conduite de projets…

    Il y a donc très peu de gens qui ont l’impression d’être vraiment au top. Ils se voient comme étant en échec ou moyens. A force d’être éduqués avec cette échelle de 0 à 20, beaucoup finissent par se voir au milieu de l’échelle. L’école française a plein d’avantages, elle produit des gens très bien formés, mais ce n’est pas l’école du bonheur.

    On connaît un autre extrême : une école où l’on dit sans arrêt aux enfants « c’est bien », « c’est merveilleux », « c’est formidable », « tu es vraiment génial », « great », « wonderful », « gorgeous »…
    http://www.rue89.com/2013/04/03/malheur-francais-cest-quelque-chose-quon-emporte-soi-241113

    (mon commentaire est totalement brouillon mais je susi trop fatiguée pour ordonnée, je suis désolée Sun)

    • sun4 dit :

      Merci pour ce lien très intéressant. ça me rappelle ma scolarité : j’ai toujours été bonnes en langues /français et bien moins en maths/sciences. En 2nde, le groupe littéraire de la classe dont moi se faisait rabaisser fortement par les profs qui nous laissaient entendre qu’on était littéraires par défaut car trop nuls en sciences pour faire S. Pourtant je l’étais par choix, j’adorais ça et j’ai vécu très mal ce jugement…

  5. Ragnagna dit :

    m’encourageait*
    Je vais pas me relire en entier, c’est trop bordelique T_T Ce soir dodo tôt !

  6. Ragnagna dit :

    Même ressenti ici ^^ J’étais en ES et les S étaient vu comme les seuls viables et importants, les profs organisaient des goûter pour eux avec la porte fermée pour pas que les autres élèves viennent. Nous on était la lie, la corvée :/
    Les L restaient dans leurs coins avec des profs passionnés. Bref pas de quoi aider les élèves timides et pas bégueules à avoir confiance en eux ou leur avenir.

  7. Cathnounourse dit :

    Les bulletins collège et lycée sont parie intégrante du dossier pour entrer dans les grandes écoles…
    Voilà leur seule importance!

  8. Cathnounourse dit :

    Oups : partie :)

  9. kiara dit :

    On ne fait pas ça dans tous les établissements. Dans celui où je suis cette année, on met parfois (mais pas à tous les enfants), un de ces mots. Honnêtement, c’est toute l’appréciation, même toutes les appréciations d’un bulletin qui sont importantes et je trouve que résumer le travail d’un enfant à un mot, c’est dur voire idiot.
    N’en fait pas trop de cas, les appréciations, ça aide à expliquer aux parents ce qui se passe en classe, ensuite ça sert à l’orientation (surtout quand l’enfant travaille dur mais qu’il n’a pas de bons résultats, on l’encourage) et ensuite quand à un examen c’est un peu juste (ou pour une mention).
    Franchement, dis à ton fils que ce n’est pas un mot qui le résume mais que ses profs essaient d’être objectifs, si ça peut l’aider…

    • sun4 dit :

      Disons que justement c’est un mot qui ne le résume …pas… A la limite j’aurai apprécié des encouragements, même si c’est pour du comportement…
      merci en tous cas d’être passée me donner ton avis

  10. Ragnagna dit :

    Si jamais ça se passe mal pour pas le décourager, est-ce que tu peux pas rencontre sa prof en une versus une pour voir si elle serait prête à lui parler à lui ? Pour lui dire que les efforts ont été remarqué mais qu’elle pensait qu’il pouvait faire mieux?

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